Le blog haiku de Richard consacré à la poésie, en particulier au haïku et au senryu, un style de poème court venu du Japon. Mon itinéraire dans l'écriture, une présentation des maitres du haiku et mes propres haikus et senryus au fil des jours.

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Les samares

L'une des premières choses que les haïjins expérimentés conseillent aux débutants est d'utiliser le mot le plus plus précis possible. En dix-sept syllabes, il n'est en effet pas question de périphrase ou d'approximation. L'oiseau? Quel oiseau? Un roitelet ou une autruche? L'arbre? Un sapin ou un peuplier? Un seul terme change et tout le sens du haïku bascule.

M'étant toujours intéressé à la faune, je n'ai pas de problèmes pour nommer les animaux qui interviennent dans mes haïkus. En revanche, j'ai négligé la botanique et il m'arrive souvent d'hésiter devant une fleur, une plante ou un arbre. Je tente de me souvenir de la forme des végétaux, de leur odeur, et je consulte une encyclopédie botanique de poche ou les sites internet.

C'est ainsi que j'ai appris le véritable nom des graines d'érable: les samares. Lorsque j'était enfant, nous les appelions tous des hélicoptères. C'était l'un des grands jeux juste après la rentrée ( qui se faisait à mon époque autour du 15 septembre). Nous jetions ces graines en l'air et elles retombaient en tournoyant comme des pales d'hélicoptères. Nous faisions des concours: c'était à celui qui irait le plus loin, ou bien qui atterrirait dans une zone donnée etc...

Alors ce sont donc des samares?

fragments d'enfance
les samares se détachent
des sycomores

Nous ignorions tous ce terme savant:

samares -
quel drôle de nom
pour des hélicoptères

Aujourd'hui, l'arrivée des samares signe pour moi la fin de l'été et ramène le souvenir de l'odeur des livres neufs et des cartables:

l'été se termine
le feuillage des érables
se pique de rouille
je jette en l'air des samares
- retombent des souvenirs
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P
Cher Richard<br /> <br /> j'aime beaucoup le haiku aux sycomores et ton tanka final, souligne bien l'entrée dans l'automne...Un peu de mélancolie...qui teinte aussi ma dernière suite sur la liste.<br /> <br /> Bien à toi<br /> <br /> Phil
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R
Merci beaucoup Philippe.Je trouve que le tanka se prête bien à l'expression de la nostalgie ou de la mélancolie.J'ai beaucoup de retard dans la lecture des messages de la liste, j'espère avoir un peu de temps ce week-end car je suis un peu largué, étant très occupé en ce moment. Mais patience, je vais bientôt revenir.Au fait, as-tu eu mon message à propos du passage d'Yves Brillon à Paris,Amicalement,Richard
S
Magnifique, Richard!<br /> je vois bien le geste raffiné des feuillages qui tombent, comme celui d'une danseuse courtisane (d'extrême orient) d'autre fois. Geste discret et séduisant, nimbé des souvenirs...
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R
Merci Sounya,c'est tout à fait ça, nimbé de souvenirs ...Merci de ta visite.A bientôt,Richard
M
<br /> Ah, c'est vrai - ces souvenirs d'enfance ! Nous, en plus de les jeter en l'air, on se les collait sur le nez (Si l'on ouvre la graine, elle est collante au milieu)et on jouait au rhinocéros !- <br /> <br /> J'aime beaucoup ton haïku <br /> <br /> samares -<br /> quel drôle de nom<br /> pour des héliocoptères<br /> <br /> parce que je sens ici chez le poète cet étonnement de l'enfant - qui est par ailleurs une des qualités essentielles pour un haïjin !
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R
Oui! je m'en souviens maintenant, on se les collait aussi sur le nez! Cela m'avait moins marqué que les hélicoptères, mais maintenant que tu en reparles je m'en souviens.Merci pour ton commentaire sur ce haïku. Il m'arrivait enfant de trouver que certains moments valaient la peine d'être retenus sans savoir comment faire. Heureusement, j'ai une bonne mémoire, et je ne te cache pas que bon nombre de mes haïkus viennent de souvenirs d'enfance que je sais enfin comment fixer. Quelle joie d'écrire des haïkus et de faire revivre et transmettre ces instants passés! C'est l'une des raisons qui me font aimer cette forme poétique.Amitiés,Richard