Le blog haiku de Richard consacré à la poésie, en particulier au haïku et au senryu, un style de poème court venu du Japon. Mon itinéraire dans l'écriture, une présentation des maitres du haiku et mes propres haikus et senryus au fil des jours.

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Violence, ou un peu de philosophie

Hier, notre ami Marcel nous faisait part sur haiku-fr de son émotion à la vue d'un enfant pointant dans la rue sur un de ses copains une mitraillette-jouet si réaliste qu'il a cru assister à un drame sans même avoir le temps de réagir.

S'ensuivit un commencement de débat sur la violence, l'inné et l'acquis, la responsabilité des parents dans tout ceci etc. Bien sûr, nous n'avions pas la prétention de trouver la solution miracle au problème. Il est toutefois intéressant de voir que, poètes ou pas, nous sommes bien enracinés dans la réalité.

deux gamins
jouant à la guerre
déjà

Certains prônaient l'exclusion des jouets guerriers.  Cette proposition ne date pas d'hier. Je doute pour ma part de son efficacité. Je me souviens que, tout petit, ma mère me refusait le pistolet à amorces sur lequel j'avais jeté mon dévolu. Pas grave, je m'étais fait un joli pistolet en croquant dans un petit beurre. Ma mère m'avait alors expliqué ce qu'était une arme et les dégâts irrémédiables qu'elle pouvait faire. Elle savait de quoi elle parlait, elle avait douze ans lorsque la seconde guerre mondiale avait éclaté. Cela avait fait réfléchir le petit bonhomme que j'étais alors. Ma position sur la violence et  la manière de traiter le problème avec les enfants tient essentiellement en deux points :

1/ la violence est inhérente à ce monde. La naissance est elle-même une violence. La prédation est universellement répandue dans la Nature. Elle est naturelle chez l'homo "sapiens" en l'absence de toute éducation. Regardez une cour d'école maternelle et vous constaterez immédiatement la présence de mini-caïds d'une part, d'éternelles mini-victimes d'autre part. Le modèle animal dominant-dominé s'applique rapidement. Je sais de quoi je parle, j'ai eu trois ans sous les fenêtres de mon bureau une école de petits. L'instinct conduit à emprunter le plus court chemin entre son désir et sa réalisation. Et hélas, force est de constater que le dialogue est rarement le chemin privilégié sans l'éducation appropriée.

2/ la grandeur de l'Humain consiste en principe à prendre conscience de cette violence, qu'il est inutile de nier, à l'intégrer, à comprendre ses conséquences néfastes (malheur, douleur, le fait aussi qu'on trouve toujours plus fort que soi un jour etc.) et à trouver la réponse appropriée, qui passe obligatoirement par les trois "R"de ce mantra népalais :

Respect des autres (qui conduit à ne pas leur marcher sur la figure)
Respect de soi-même (qui conduit à refuser d'être une victime et  également de se laisser déborder par sa part d'animalité)
Responsabilité dans toutes ses actions (dans un monde où au contraire personne ne se sent plus responsable de rien, ou alors "responsable mais pas coupable")

Pour les plus réfractaires à la philosophie orientale, cela prendrait la forme de la règle d'or: ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fût fait.

Faire prendre conscience de ce qu'implique le jeu du "pan! t'es mort" tant et si bien qu'il renonce de lui-même à ce jeu malsain me semble donc être la meilleure chose à faire avec un enfant.

Maintenant, nous verrons, mon fils a seize mois, rendez-vous quand il aura l'âge de demander un pistolet à amorces. Je vous dirai alors si ma belle théorie a résisté à l'épreuve des faits. Au moins, j'essaierai:

à son fils en larmes
qui réclame un jouet guerrier
le père parle d'Amour
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J
PAsmal, le coup du "faut pas essayer d'écraser nos penchants à la violence"... C'est théorisé chez Nietzsche, entre autres, pour les amateurs. En ce qui me concerne, je pense que tant qu'on joue à la guerre, au moins on ne fait pas la guerre, c'est à dire que les enfants ne sont jamais assez stupides pour ne pas comprendre quand leurs parents - s'ils font leur boulot - leur expliquent la différence entre la comédie et la vraie vie. Quand c'est bien compris, je crois qu'on peut jouer à toutes les violences. Il n'est pas exclu que ce soit l'exutoire qui nous évite d'être violent en vrai.
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R
"- s'ils font leur boulot -" Et c'est justement là que le bât blesse ... J'ai entendu un chiffre affligeant ce soir sur France Info: +73%Qu'est-ce? le pourcentage d'augementation des violences physiques dans les établissements scolaires. Il y en a manifestement qui n'ont pas fait leur boulot de parent, ou alors bien mal ...Quant à Nietzsche, je t'avoue que je ne l'ai pas lu....
Q
Hum!Voeux pieux, je le crains. Car si moi, j'ai pu résister jusqu'à l'âge de deux ans, ma mère s'est chargée lors d'un week-end coupable, de fournir à l'enfant une panoplie de Rammbo. Ma colère n'y a rien fait, il était trop tard...Sinon, offres un pistolet à eau!
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R
On verra bien ... J'ai quand même eu mon pistolet à amorces. J'étais content parce que ça faisait du bruit, mais ma vision du jeu n'était plus la même. Mais mes parents m'ont toujours expliqué les choses, je crois que c'est ce qui fait la différence. les enfants sont de petites personnes. Pas des adultes en réduction, il ne faut pas non plus tomber dans cette erreur. Ils ont leur logique, d'une simplicité et d'une pureté désarmante pour nous, habitués aux complexités et aux compromis des adultes. Ils nous tendent un miroir d'une extraordinaire pureté. A nous de ne pas le brouiller trop vite...
G
Bonjour,<br /> J'ai 4 enfants ; ils ont joué comme les autres au "pan, t'es mort" ; comme moi avant eux ; comme mon père avant moi. Jamais je ne les ai bridés là-dessus, tant que ça restait virtuel. Seuls les bagarres réelles étaient interdites.<br /> Ils ne sont pas devenus des délinquants. Ils se défoulent encore sur des jeux vidéo ; ils font la part des choses.<br /> La violence virtuelle est une étape nécessaire de la construction ; après, l'exemple des parents (ne pas se détruire en fumant ou en buvant, ne pas tromper son conjoint, ne pas se disputer à longueur de journée, ne pas dire du mal d'autrui), l'amour, la confiance, la sérénité de l'entourage sont essentiels pour mener l'enfant à l'état adulte ; qu'il prenne confiance en lui ; et qu'il respecte les autres.<br /> <br /> Respect de soi-même<br /> et respect de l'univers<br /> n'est-ce pas la même chose ?
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R
"Tant que ça restait virtuel", tout est là, dans ces quelques mots.Comme je le disais, je ne suis pas pour la négation de la violence, elle est pour moi inhérente à ce monde.  La nier, l'exclure, n'est qu'une autre forme de violence qui revient en boomerang à la première occasion. Je suis pour l'explication, l'intégration de cette violence pour mieux la dominer.L'exemple des arts martiaux est là: après les grandes guerres féodales, les samouraïs sont passés du bujutsu, l'art de la guerre, au budo, la voie de la guerre. La guerre contre soi-même, son propre ego et ses dérives. L'inventeur de l'aïkido, la voie de l'union, était un guerrier consommé, expert notamment dans le combat à la baïonette. Et pourtant, il a créé cet art où l'on ne détruit pas l'adversaire, mais où on lui retourne sa propre agressivité pour qu'il en comprenne l'inanité de lui-même.
G
Un peu de philosophie<br /> pour s'abstenir de racourrcie<br /> un monde où l'on réfléchie...<br /> <br /> Bonne soirée!!!!!!!!<br />
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Y
<br /> Merci, de même.<br /> <br /> <br />