Le blog haiku de Richard consacré à la poésie, en particulier au haïku et au senryu, un style de poème court venu du Japon. Mon itinéraire dans l'écriture, une présentation des maitres du haiku et mes propres haikus et senryus au fil des jours.
Nous venons de faire une petite escapade dans le Sud à l'occasion du mariage de deux de nos amis. Fuyant les frimas parisiens, nous avons pris le TGV en direction d'Avignon, où nous avions réservé une voiture pour rejoindre le Gard.
C'était la première fois que Florian prenait le TGV et voyait une gare aussi vaste que la gare de Lyon. Dans la salle des pas perdus, j'aime ces complicités fugitives qui se nouent instantanément:
hall de gare deux papas leur fils dans les bras sourires complices
Florian est resté très calme dans le train, regardant défiler le paysage sans s'en étonner avant de s'endormir paisiblement.
Pour ma part, si mon précédent voyage en TGV m'avait inspiré nombre de haïkus, celui-ci n'en a produit qu'un, à mesure que nous nous éloignions du mauvais temps:
dégradé de verts le côteau piqué de vaches léché par la brume
La voiture récupérée à Avigon, une petite heure de route nous a suffi pour arriver à Barjac, dans le Gard provençal entre les vallées de l'Ardèche et de la Cèze. Une chambre typiquement dans le goût du pays nous attendait là au Mas du Terme.
Alors que nous arrivions sur le parking du Mas, entouré de vignes et de lavande, j'ai aperçu une de ces scènes qui met tout de suite dans l'ambiance:
crépuscule tiède une buse s'élève en cercles au-dessus des vignes
La réception du mariage avait lieu dans la soirée. Très sympathique, car c'était un "petit" mariage (moins de cinquente personnes) ce qui permet de faire connaissance et de discuter.
Sorti prendre l'air dans la fraîcheur nocturne, je me suis retrouvé entre les vignes, les oliviers et les étoiles, situation que j'apprécie particulièrement. La ville, entre autres nuisances, nous prive définitivement de la nuit, avec ses éclairages urbains mal gérés. Ayant tâté de l'astronomie en amateur, savez-vous que pour avoir une nuit noire, les parisiens doivent aller jusque dans le Morvan? Plus près, la pollution lumineuse de l'agglomération est toujours présente.
Rien de tel dans ce coin du Gard, heureusement, et la voie lactée se déployait dans le ciel dans toute sa splendeur:
l'olivier au tronc noueux ses feuilles brillant doucement sous la voie lactée
sous la voie lactée le jeune olivier au tronc blanc droit vers le ciel
Les rangs de vignes lourdes de raisin se déployaient sous ce ciel de fin d'été:
debout dans les vignes le chant flûté des grillons profonde paix
Pour vous, un peu de cette quiétude. Fermez les yeux, détendez-vous et écoutez:
A propos de cigales, connais-tu l'image de "la cigale dans le temple du coeur" ? C'est une métaphore taoïste pour symboliser l'inquiétude du coeur et de l'esprit, attachés au monde des sens et incapables d'atteindre le Vide, la Voie, le Tao
Bonsoir et bienvenue sur ce blog.je ne connaissais pas l'image. Cela a du sens. Je connaissais en revanche l'image Zen de la maison pour l'esprit et de la maison vide pour l'esprit libéré. Le vide qui est en fait le plein et donc l'éveil.Merci pour cette image et à très bientôt,Richard
S
sylvie
02/09/2006 11:04
...<br />
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je me suis glissée<br />
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bien au chaud <br />
dans votre manteau d'étoiles<br />
et tourné vos pages<br />
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depuis cet été<br />
séduite par Yasunari Kawabata<br />
Les belles endories et autres<br />
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je me prends<br />
d'amour pour le Pays flottant<br />
et je reviendrai ici<br />
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... avec plaisir
Bonjour Sylvie et bienvenue ici.Kawabata, un grand classique de la littérature japonaise et Les belles endormies distillent un parfum entêtant!A très bientôt,Richard
P
philippe
01/09/2006 21:29
J'aime quotidiennement découvrir ce que tu écris...<br />
aujourd'hui les grillons et le TGV parfument mon crépuscule...<br />
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Merci Richard<br />
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Philippe